L'agilité expliquée à ma mère

Publié le par David Desfougeres

L'agilité expliquée à ma mère

"Après toute ces années, je ne comprends toujours pas ce que tu fais mon fils !"

Avez-vous trouvé une bonne réponse à la question : "Et toi, tu fais quoi ?". J'entends par bonne réponse, une réponse simple !

Je ne sais pas si tout le monde est comme moi, mais quand je me passionne, j'ai beaucoup de mal à avoir un discours ...court ! Je rebondis d'un élément à un autre, sollicite des questions pour re-rebondir encore, fais des questions réponses (et hop, un rebond de plus), ponctue mes phrases par "Mais tu ne sais pas, mais il y a encore plus intéressant", narre des anecdotes des plus croustillantes, des exemples hilarants, des histoires les plus folles (...au fond je sais que le seul que cela amuse ...c'est moi !!) … « Et c’est pas fini ! »

Alors, je vous propose de faire un petit "Elevator statement" de l'Agilité : je suis dans l'ascenseur, j'ai donc 2 minutes pour expliquer ce qu’est l’agilité à ma "p'tite momon" (A prononcer avec une voix d'ado pas encore complètement "cérébré", en phase de mue intensive).

Moi j'aime bien lui faire des blagues, à ma mère, cet article n'est donc pas vraiment sérieux !

L'agilité expliquée à ma mère

Je travaille donc dans un grand groupe de télécom' (à changer par votre entreprise bien sûr !) et je m'occupe de projets informatiques (jusqu'ici tout va bien, rien de très exotique)

C'est à dire que j'anime les équipes qui font les développements (attention çà va se compliquer) mais je ne suis pas leur responsable, (aie, attention à la déception : le rôle social n'est donc pas très réjouissant ...j'croyais que tu étais cadre .... ohhh) je suis là pour les aider à adopter des nouvelles méthodes de travail plus collaboratives.

Ce sont des méthodes qui ont été décrites par les américains au début des années 2000 (L'appel à la notion outre-Atlantique est forcément synonyme d’innovation ... on est toujours en retard chez nous, c'est bien connu !!) et elles s'appellent les méthodes Agile (ah ouais c'est nouveau, Jean-Pierre Pernaut n'en a jamais parlé)

Imagine que tu as besoin de quelque chose. Et moi je sais que tu ne sais pas exactement ce que tu veux ...et que ce n'est pas grave (si ce n'est pas clair, relisez doucement). Je vais donc faire en sorte de te montrer des petits trucs que j'aurais construit (une sorte de début, de maquettes de ton quelque chose à toi), tu me diras ce que tu en penses et surtout comment faire pour modifier ou poursuivre ces trucs pour arriver à ce bidule dont tu as besoin (vous remarquerez qu'aucun machin n'a sa place)

Et çà tu vois, c'est une vraie évolution, quand j'ai commencé l'informatique au siècle dernier, on devait dire exactement ce qu'était le quelque-chose, et on faisait tous les bidules qu'on pensait sincèrement ressemblant, d’un coup, sans te demander ton avis... si tu voulais autre chose ...fallait attendre que ce soit fini …et recommencer (oui, je sais c'est un parti pris...)

Et surtout, dès qu'un changement arrivait, c'était souvent une déception, l'impression qu'un bidule n'avait pas été compris, que ceux qui étudiaient avait failli à leur tâches. Les couts du changement risquaient d’être élevés, il faillait potentiellement faire avec ! Les managers pas contents tapaient sur la tête des développeurs (on appelle ça des contrats, les mesures et les pénalités qui vont avec). Bref, il y avait un risque non négligeable que personne ne soit satisfait au final les clients et les fournisseurs (ohhhh c’est de la caricature, on se détend … et je raconte ce que je veux à ma mère), on a donc cherché à réduire ce risque.

Si je compare avec la construction d’une maison (même si je n’aime pas ce parallèle, on ne se construit pas une maison tous les 4 matins, mais bon … pour l’exemple, je tolère) mieux vaut savoir qu'il faut changer de place une prise avant de peindre un mur ...çà revient moins cher, et surtout çà peut éviter de rester avec une prise à une place qui ne plait pas (si on refuse le changement).

Ce qui change aussi c'est que ce que nous partons du principe que les développeurs, ceux qui vont produire les bidules, savent comment ils vont s'organiser pour te montrer régulièrement le fruit de travaux et te demander tes retours.

Le plus : c'est que, puisqu'ils vont être directement en contact avec toi, ils vont pouvoir t'aider dans tes choix, ils seront encore plus force de proposition ... et toi tu auras un quelque chose qui te rendra le service que tu attends...

L'agilité expliquée à ma mère

Ces méthodes sont très structurées, même si beaucoup pense que c'est le bordel (désolé du mot, mais il sort régulièrement de bouches de managers non leaders, ces directifs stricts qui refusent l'idée que d'autres qu'eux peuvent faire bien les choses : çà y est j'ai perdu des « like » moi !!!). Elles sont suffisamment nouvelles et apportent tellement de changement par rapport à nos méthodes traditionnelles qu'on a besoin de nouveaux managers, de développeurs chez qui l'envie d'innover est présente, et de gens comme moi pour mettre les gens dans un climat de confiance, pour les aider à trouver des voix d'améliorations, pour faire intégrer l'idée que l'erreur n'est pas forcément grave ... bref devenir de qu’on appelle Agile : quelqu’un qui a admis que le changement est une nécessité quasi organique et qui l’accepte en tant qu’opportunité.

Et moi ? Je suis donc un "Agiliste" (non je ne suis pas rentré dans une secte), j'essaie de me former constamment, de trouver des nouveautés encore plus nouvelles, d'optimiser encore et encore nos façons de travailler et même parfois de faire jouer les équipes !

C'est plus clair ??

Maman, si tu me lis, tu sais ce que je fais, ne t'en fais pas, c'est juste la voix qui est dans ma tête qui parle à une mère de fiction !

Publié dans rex, coach'Agile, agile, humour

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